| Numéro |
Le Nouveau Praticien Vét équine
Volume 19, Numéro 69, 2025
Ophtalmologie
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|---|---|---|
| Page(s) | 98 - 109 | |
| Section | Rubriques | |
| DOI | https://doi.org/10.1051/npvequi/2026024 | |
| Publié en ligne | 26 juin 2026 | |
Douleur oculaire aiguë chez le cheval
Acute Ocular Pain in Horses
Faculté de Médecine Vétérinaire de l’Université de Montréal 3200 Rue Sicotte, Saint-Hyacinthe, QC J2S 8H5, Canada
Chez le cheval, la douleur oculaire peut être intense et parfois sous-estimée. Les options analgésiques sont limitées par les effets indésirables des traitements disponibles. Cet article présente les outils d’évaluation et les stratégies actuelles de prise en charge en pratique clinique.
Résumé
La douleur oculaire aiguë chez le cheval peut être intense et parfois sous-estimée. Elle est principalement associée aux ulcères cornéens, aux uvéites antérieures, aux abcès stromaux et aux traumatismes oculaires. En raison de la riche innervation cornéenne et uvéale, ces affections entraînent une douleur marquée, susceptible d’altérer rapidement le bien-être de l’animal et de compliquer la prise en charge clinique.
Bien que son évaluation demeure difficile, l’utilisation d’une échelle spécifiquement adaptée à l’ophtalmologie facilite cette démarche. L’échelle R-EOPS constitue actuellement l’outil le plus pertinent pour l’évaluation de la douleur oculaire aiguë chez le cheval. Elle repose sur l’observation de signes cliniques spécifiques, incluant le blépharospasme, l’épiphora, la photophobie, la réaction palpébrale à la manipulation, l’attitude de la tête et l’expression faciale, tout en excluant les paramètres physiologiques peu spécifiques.
La prise en charge analgésique représente un défi thérapeutique. Les anesthésiques topiques ne peuvent être utilisés de façon répétée en raison de leur toxicité cornéenne, tandis que les anti-inflammatoires non stéroïdiens, bien qu’essentiels, peuvent être insuffisants ou contre-indiqués en raison de leurs effets indésirables digestifs et rénaux. Bien que plusieurs AINS systémiques soient disponibles sur le marché, la flunixine méglumine demeure l’agent le plus efficace pour réduire l’inflammation intraoculaire (uvéite) chez le cheval. Il est important de rappeler que tous les AINS, y compris les inhibiteurs sélectifs de la COX-2, présentent un risque de néphrotoxicité. Ainsi, une évaluation de la fonction rénale est essentielle avant l’instauration du traitement et doit être poursuivie tout au long de celui-ci.
D’autres options, telles que l’atropine topique, les anesthésiques locaux régionaux, les opioïdes topiques ou la lidocaïne systémique, s’intègrent dans une approche multimodale et individualisée. Souvent, la diminution de la douleur est liée à l’évolution favorable de la lésion primaire, soulignant l’importance d’un examen oculaire approfondi afin d’établir un diagnostic précis et de mettre en place un traitement adapté, favorisant la guérison et limitant les complications associées à l’affection oculaire primaire.
Abstract
Acute ocular pain in horses can be intense and is sometimes underestimated. It is most commonly associated with corneal ulcers, anterior uveitis, stromal abscesses, and ocular trauma. Due to the dense corneal and uveal innervation, these conditions result in marked pain that can rapidly compromise animal welfare and complicate clinical management.
Although assessment of ocular pain remains challenging, the use of a scale specifically adapted to ophthalmology can facilitate this process. The Refined Equine Ophthalmic Pain Scale (R-EOPS) currently represents the most appropriate tool for evaluating acute ocular pain in horses. It is based on the observation of specific clinical signs, including blepharospasm, epiphora, photophobia, palpebral response to manipulation, head posture, and facial expression, while excluding non-specific physiological parameters.
Analgesic management of ocular pain represents a therapeutic challenge. Repeated use of topical anaesthetics is contraindicated due to corneal toxicity, while non-steroidal anti-inflammatory drugs, although essential, may be insufficient or contraindicated because of gastrointestinal and renal adverse effects. Although several systemic NSAIDs are available on the market, flunixin meglumine remains the most effective agent for reducing intraocular inflammation (uveitis) in horses. It is important to remember that all NSAIDs, including COX-2 selective inhibitors, carry a potential risk of nephrotoxicity. Therefore, assessment of renal function is essential before initiating treatment and should be monitored throughout its duration.
Additional options, such as topical atropine, regional local anaesthetics, topical opioids, or systemic lidocaine, should be incorporated into a multimodal and individualised approach. In many cases, pain reduction is primarily achieved through favourable progression of the underlying lesion, highlighting the importance of a thorough ophthalmic examination to establish an accurate diagnosis and implement appropriate treatment, thereby promoting healing and minimising complications associated with the primary ocular pathology.
Mots clés : douleur / ophtalmologie / blépharospasme / épiphora / analgésie / opioïdes / AINS
Key words: pain / ophthalmology / blepharospasm / epiphora / analgesia / opioids / NSAIDS
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Maria Vanore
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